Comment gérer un accident sur le Dakar : entretien avec Lídia Guerrero, préparatrice physique du Repsol Rally Team
Ils venaient de signer leur meilleure performance. Le rythme, le travail fin de toute une année et cette sérénité que seuls les kilomètres bien faits donnent. Et soudain, l'accident. "Le Dakar, c'est ça, si c'était facile, on ne viendrait pas", a écrit sur ses réseaux Lídia Guerrero, préparatrice physique du Repsol Rally Team et l'une des personnes chargées de gérer et de reconstituer l'équipe en quelques heures.
"Même si vous savez que le risque est là, vous ne vous y attendez pas. Une fois que vous analysez la situation avec toutes les informations dont vous disposez, vous recherchez le côté positif, que Isidre [Esteve] et Txema [Villalobos] vont bien et qu'il y en a chaque année à Dakar", explique Lídia lors d'une conversation avec Repsol Lubrifiants. En fin de compte, rappelez-vous, "si tous les participants qui prennent le départ du Dakar atteignaient le podium final, cette photo n'aurait pas autant de valeur".
Pour Lídia, "le Dakar est épique, c'est se mettre à la limite chaque jour pendant deux semaines, c'est ne pas pouvoir tout contrôler. C'est une montagne russe d'émotions". Pour cette raison, dans son approche, il y a une boussole claire : réviser ce qui dépend de l'équipe - la préparation, la logistique, la mise au point - et accepter ce qui ne peut être contrôlé.
Par conséquent, son rôle dans la course et dans le quotidien de l'équipe combine une préparation physique, une nutrition pratique, un soutien logistique, des contenus de communication et, en fin de compte, une aide dans toutes les tâches dont le Repsol Rally Team a besoin.
Lorsque l'accident d'Esteve et Villalobos s'est produit, l'équipe attendait déjà le prochain bivouac. "Nous n'étions pas conscients de ce qui se passait. Nous avions tout assemblé pour les attendre", se souvient-il. La voiture était arrêtée à un moment du suivi et il était raisonnable de penser à une panne. Le signal d'alerte est arrivé par une voie inhabituelle.
"Les ingénieurs d'OverDrive sont venus nous demander et nous avons commencé à nous inquiéter, car si c'est une question de mécanique, ils sont les premiers à le savoir. Quelques minutes plus tard, une personne de l'organisation est venue nous expliquer la situation", poursuit-elle. À partir de là, le protocole d'urgence a été activé.
Guerrero et une partie de l'équipe se sont déplacés dans la zone de soins aux participants pour suivre l'évacuation. Le premier appel d'Isidre, depuis le téléphone satellite, a servi pour nous calmer. "Une fois qu'ils ont été localisés, nous nous sommes mis au travail pour récupérer la voiture", raconte-t-elle, soulignant que "ce furent de très longues heures d'attente et d'incertitude". "À 3 heures du matin, nous avions déjà Isidre et Txema reposant dans notre « maison » et les mécaniciens avec la voiture aussi dans le bivouac", apostille-t-elle.
En matière de santé, Guerrero est clair : d'abord, la médecine et les soins. "Je suis guidé par les indications des médecins. Ce sont eux qui définissent les lignes directrices. Immobiliser, anti-inflammatoires, froid... Vous ne pouvez pas faire grand-chose, mais vous pouvez leur faciliter au maximum le repos", dit-elle, ajoutant que "la douleur est le grand allié dans ces cas, car elle nous indique si nous allons bien ou non".
Par conséquent, il est clair quelle est la façon de procéder : "Tant qu'il y a de la douleur, nous devons faire attention : nous ne sommes pas pressés et une mauvaise récupération est le pire, car il faut revenir avec des garanties. Nous avons passé un autre examen médical et nous allons bien. Nous irons pas à pas pour revenir à la compétition de la meilleure façon".
Le message à ceux qui ont soutenu l'équipe cette année est direct : "Ne cessez pas de le faire, votre poussée est importante !". Sur le plan sportif, la feuille de route passe par l'addition des courses du Mondial pour préparer le prochain Dakar et retrouver le ton physique "aussi bien qu'en 2025".
Lídia combine son travail au sein de la Repsol Rally Team avec celui de directrice de la Fondation Isidre Esteve. Là, elle vise à assurer les aides nécessaires pour continuer à accompagner ses utilisateurs - personnes handicapées physiques et femmes victimes de violence sexiste - dans l'amélioration de leur condition physique et de leur autonomie. "Nous continuons à travailler à fond. Grâce au soutien de la Generalitat, nous avons pu acquérir un exosquelette avec lequel nous améliorons considérablement les entraînements. Nous apprenons encore à en tirer le meilleur parti", raconte-t-elle à ce sujet.
De plus, ils préparent déjà un nouveau Grand Prix Fundación Isidre Esteve, qui fêtera sa septième édition. Le 3 juillet 2026, cette fête fera son retour sur le Circuit de Barcelone‑Catalogne le 3 juillet, où se tiendra une journée de sensibilisation pour les plus petits avec des sports adaptés et une course de relais à vélo, handbike et tandem, où des personnes handicapées et non handicapées seront mélangées dans des équipes mixtes. Et, pour couronner le tout, un grand dîner à la tribune avec de la musique et de l'humour.